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 [Fiction ] Christian d'Indianapolis

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nikii
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Lun 9 Nov - 23:09

Ok, Excuse moi Leaves, seulement je ne savais pas si tu avais lu du coup.
Le retour de Saxha, qui est sans mots. Oho =)



Chapitre 11





Elle a quitté le stand Ferrari aussi rapidement qu’elle y était entré. Linke n’était plus là. Quelque peu déçu, elle s’est élancée vers la zone VIP. Flavio attendra pour une fois.

Le souffle coupé, l’effet dur du paquet de clope, elle progresse entre la foule, de plus en plus dense.

24h

24h et elle ressentirait ses sensations qui lui sont chères. Le vent contre l’habitacle de la voiture, le bruit infernal du moteur, le choc dans les chicanes. L’adrénaline, le stress. La liberté.

Liberté.

Aveugle, elle percute de plein fouet Lewis Hamilton.

-5 ième place pour Giancarlo, Luna. Tu pars devant Massa et derrière Button.

-De quoi parles-tu ?

-La course Luna ! Tu pars en cinquième position sur la grille de départ. Alonso est septième.

-Wahoo.

-Court Luna, ne perd pas ton rythme fou.

Rieur, il la relâche et la regarde s’élancé. La compétitivité de Hamilton est connue de tout le monde, seulement face à Luna elle s’envole. Il aime la voir heureuse lors d’une course. Il aimerait la connaître plus, savoir ce qui se cache sous cette amour démesuré. Il ne pourra pas. N’étant pas en bon terme avec le frère aîné, jamais il ne pourra découvrir la petite sœur. Tant pis.

Luna continue sa course folle. Elle arrive au salon VIP. Sa tenue contraste avec l’élégance des invintés. Peu lui importe. Elle est en combinaison et bottine. Une sécurité lorsqu’on passe la plupart du week-end auprès des monoplaces.

Elle le repère facilement.

Elle regrette.

Il n’est pas seul. Julia sur ses genoux rie à gorge déployée.

Luna est statique. Elle sent une larme couler sur ses joues.Du foutage de gueule ? Du cinéma ? Non elle n’y croit pas. Elle est persuadé que Linke est perdu. Autant qu’elle ? Non. Surement plus. A reculons elle quitte cette ambiance oppressante de strass et de paillettes.

Blessée.

Les consignes prisent auprès de Flavio. L’équipement préparé, elle a rejoint sa caravane. Une guitare attrapée au vol, elle s’est hissée sur le toit. Naturellement les accords ont coulés, sa voix a prit de l’assurance :

Ya no volveré a creerme tus mentiras
Je ne recommencerais pas à croire tes mensonges

Ya no volveré a callarme una vez más
Je ne recommencerais pas à me taire une fois de plus

Ya no volveré, aunque me lo pidas
Je ne recommencerais pas bien que tu me l’ai demandé

Ya no volveré a ser tu segunda opción
Je ne recommencerais pas à être ton option seconde

-Tu n’es pas une option…

-Je n’ai jamais compris ces paroles..

-Tu me fais une place près de la Lune ?

-Mon amie Lune se cache.

-Et pourquoi Luna ?

-Car elle sait que je veux me cacher.

Il était à quelques centimètres d’elle à présent. En équilibre sur un toit de caravane.

- De qui te caches-tu Luna ?

-De toi.

Linke se laisse tomber sur le toit. Il a mal. Il lui prend la guitare des mains, gratte quelques accords. Puis s’appuie sur son coude pour pouvoir la regarder.

-Je n’ai pas aimé Julia. Je n’aime pas Julia. Je n’aimerais pas Julia. Il y a ce genre de personnes qui sont des passades à longue durée. Ces personnes là nous redonnent le sourire. C’est faux. On croit sourire grâce à elle, mais lorsqu’on les regarde de plus près on se rend compte de notre erreur. On a idéalisé ces personnes là. Pourquoi ? Pour pouvoir se retrouver, pour pouvoir retrouver ce qu’on a perdu. Je t’ai aimé Luna pendant ces années, à travers Julia. Si aujourd’hui tu me vois proche d’elle, c’est que je me sens sale. Sale d’avoir joué d’elle.

-Tu détiens cette sincérité Christian. Qui peut te tirer vers le haut, comme vers le bas.

La phrase était ouverte, et restreinte à la fois. Une sorte de remise en question.

-Il faut que tu saches quel chemin tu souhaites emprunter, sinon nous nous perdrons de nouveau…

Une phrase qui connote le futur. Une phrase d’horizon.

Il se fait rouler jusqu’à Luna, pose sa tête sur son ventre. Et tel un enfant demande :

-Chante mon amie Lune.








Chapitre 12


Dimanche matin 08h00

Café sur café, les écuries se réveillaient. Les stratégies de grand prix germaient d’une écurie à une autre.

Chez Renault elle était simple, permettre à Fernando de rattraper son retard.

-Et mon moment de gloire t’en fais quoi Flavio ?

-Tu l’as eut hier en chantant sur ta caravane…

La plupart des ingénieurs pouffent, Luna pique un fard.

Elle a passé une partie de la journée, a chanté sur sa caravane comme le dit Flavio, sentant le rythme régulier de la respiration de Linke sur son ventre.

La poing de Flavio sur la table, elle relève la tête, prise en faute.

-Ta stratégie de course Juliette ?

A ses côtés Fernando griffonne, sur d’elle, elle répond :

-2 arrêts au stand, tour 18 et tour 40.

-Elle m’énerve à toujours tout savoir !

La matinée s’est passée calmement. Chaque écurie murée dans son stand. Chaque pilote renvoyant sa stratégie de course.


Luna est assise en face Fernando. Il lui donne un temps, elle visualise a quel partie du circuit cela correspond. Elle lui donne une vitesse, il lui dit dans quel secteur du circuit il est.

De la visualisation. Un entraînement. Mental.

H-1

Contrôle anti dopage, pesée, contrôle de l’équipement, revue des voitures. A la pesée Luna est interpellé, 6 kilos en 3 mois, un poids monstre pour elle. Elle montre ses résultats à Fernando, il ne percute pas.

Une idée germe en elle. Non. C’est trop recherché…

Mettant ce problème de poids aux oubliettes, elle s’installe dans la monoplace, connecte son volant et sa boîte noire puis fait le vide.

Les feux s’allument rouges, un à un. S’éteignent. Début du tour de formation, mise en adhérence des pneus. Le tour cadeau.

Cette fois ci c’est la course qui commence. Les moteurs grondent. Les pneumatiques chauffent. Les mains se crispent.

Les feux s’allument. Fragment de seconde. S’éteignent.

Elle prend le virage de l’intérieur, parvenait ainsi à se hisser à la quatrième place. Un coup d’œil dans les rétroviseurs, Fernando ànréussit son départ lui aussi.

Les tours s’empilent, la vitesse avec, les coups se font sentir, les chicanes appréhender.


Luna a peur. Au cœur de sa monoplace, elle panique. Un mal de ventre, une envie de vomir.

-Luna tu perds de la puissance. La voiture ne répond plus ?

-Je me sens mal.

-Luna écoute moi, tout ira bien, entre dans les points et ne vise pas le podium.

-Flavio où est Nando ?

-Oublie le Luna, c’est ta course…

Il débranche le contact radio, peu rassuré.

Les tours s’enchainent, la dureté de l’épreuve avec. Luna se maintient en cinquième position, Fernando est deuxième. Derrière elle, Button fait pression. Une épingle, roue contre roue, elle s’en sort de justesse.

L’habitacle a pris un petit coup, elle serre les dents. Une douleur monstre se répartie dans son ventre. Elle retient un cri de douleur.

Le dernier tour, le plus dangereux. Lutteuse elle parvient à conserver sa cinquième place. Les félicitations de la Team lui parviennent lointaine.

La voiture au repos. Elle reste dans l’habitacle quelques minutes. Faible elle se présente aux commissaires de courses. Aucun problème.

Dans la ligne des stands, elle entre ouvre sa combinaison, retire gant, casque, cagoule.

Une crampe. Ses affaires roulent au sol. Elle tombe à genou. A quelques mètres d’elle, Michael se précipite.

-Luna tu as reçu un choc ?

-Non.

Elle pâlit de plus en plus. Sent cette sensation de froid et ce liquide visqueux qui coule. Il la sent partir, souffrir. Il tend les mains la réceptionne de justesse avant qu’elle ne s’évanouisse. Une température corporelle en chut, et le bas du corps mouillé.

Il déglutit paniqué.

Elle pourrait y rester.
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Leaves
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Lun 9 Nov - 23:20

j'ai déjà 3 chapitres préféré
le prologue+premier chapitre, chapitre 3 et le chapitre 11
je trouve qu'ils sonnent différemment du reste. et puis c'est aussi des parties importantes je trouve ce sont des chapitres charnières.
bref ! que dire de plus et qui n'a pas été dit ? je sais pas, parce que j'ai l'impression de me répéter et de copier ce que disent les autres.

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Saxha
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Lun 9 Nov - 23:22

T_________T ne sait pas quoi dire hormis que j'aime et que c'est malin je commence a m'inquiéter pour elle maintenant xD
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nikii
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Lun 9 Nov - 23:43

Je vous mets la suite,avant de me sauver dormir =)
J'aime bien les chapitres que tu aimes Leaves, je vous dirais mes phrases fétiches quand la fiction sera finie =)
Je t'imagine trop devant ton écran Saxha XD
Les prochains chapitres vont être un peu plus axés sur Luana&Fernando






Chapitre 13



Des murs blancs, une odeur d’anti septique. Le bip régulier d’un moniteur. Une aiguille dans le bras, les membres engourdis. Doucement Luna ouvre les yeux. Un picotement à l’endroit de la perfusion, et une inquiétude croissante. Elle ne sent plus ses jambes. Un gémissement. Aussi tôt deux silhouettes sont à son chevet.

L’esprit encore embrumé, elle ne réagit pas.

-Mademoiselle Alonso ?

-Luna amor ?

-Nando ?

Une main serre la sienne, inquiet. Fernando rassure sa sœur comme il le peut. Lui-même ne sait pas ce qu’il se passe. Il s’assoit contre sa sœur, et se serre à elle, lui transmettant ainsi sa confiance.

-Monsieur je crois qu’il va falloir que je vous demande de sortir ?

-Mais docteur je suis son frère aîné.

-Mademoiselle est majeure.

Luna jette un regard à son frère, visiblement il est irrité. Avec une patience monstre il sort de la chambre et s’en va faire les cent pas. Humain, le médecin s’assoit aux côtés de sa patience et brise l’angoisse :

-Je dois vous annoncer votre grossesse. Etant jeune et sportive, vous ne vous en êtes surement pas rendu compte.

Luna ne panique, elle encaisse la nouvelle sans manifester la moindre émotion. Une maîtrise de soit déroutante.

-Je suis enceinte ?

-Vous l’étiez. J’ai le regret de vous annoncer votre fausse couche, le bébé avait 3 mois mademoiselle.

-3 mois.

Elle se le répète comme pour elle-même. 3 mois à quel évènement cela peut-il être associé ? Elle n’a pas eut d’homme dans sa vie, à part Linke. Comment se fait-il… ?

-Qu’est ce que c’est que ça ?

Le médecin avait quitté la pièce, à présent Fernando lisait le dossier médical de sa sœur. Dérouté les mots s’imprègnent lentement en lui, sa petite Luna enceinte ?

-Qui est le père ?

-Je ne sais pas.

-Luna répond moi !

Du dégout et de l’incompréhension envahissaient le regard de Fernando. Sa sœur n’était pas débauchée, il ne comprenait pas comment une telle chose avait put se produire.

-Depuis combien de temps ?

-3 mois.

Une voix craintive, une voix dégoutée. Elle avait honte. Honte de s’être fait berner ce soir, surtout par lui.

3 mois. Une seule chose possible. Une seule personne. Comment a-t-il pu être si naïf ? Fernando se précipite, quitte l’hôpital en trombe. Il fait le trajet de l’hôpital au circuit en un temps record. La personne qu’il cherche est encore là. Il aperçoit Linke en compagnie de Michael dans un coin. Tout deux se lèvent pour avoir des nouvelles, un signe de la main ils se rasseyent. Déroutés ils observent au loin l’échange de Fernando. La conversation étant en portugais, les deux hommes doivent décrochés, ils ne la comprendront pas.

-Tu ressens peut être de la satisfaction, ou peut être cherchais tu à m’atteindre ?

-Fernando de quoi tu parles !

-Je te parle de ma sœur que tu as mise enceinte !

Son interlocuteur se passe les mains sur le visage, complètement perdu. Luna enceinte ? Non.

-Ecoute Fernando je ne prendrais pas mes responsabilités, ça été une erreur de coucher avec Luna, mais après tout que je me tape ta sœur ne te
regardes en…

Le coup était partit. Michael et Linke se précipite, retienne Fernando, anxieux.

-Que tu me sortes une connerie pareil je m’y attendais ! Mais ne la rabaisse pas au rang de tes poufiasses !

Il se masse le nez, ne répondra pas. Il regrettait amèrement ce qu’il venait de dire.

-Je suis désolé Fernando.

-Michael lâche moi je ne terminerais pas le travail !

Michael fait un signe de tête à Christian, ils relâchent Fernando. Aussi tôt il tourne les talons, salut ses ingénieurs d’un signe de tête et se tire. Un réflex. Linke et Michael s’élancent à sa suite. Taciturne, Alonso s’arrête et crache sa rancœur :

-Je me tire ! Je ne pige plus rien ! Basta ! Je rentre à Oviedo ! Tout va trop vite ! Linke si tu trouves encore la force d’être avec Luna après, après ça, je t’admirerais. Michael je te vois en Hongrie.

Fernando s’engouffre dans sa voiture, et s’éloigne le plus rapidement de ce circuit. Il aurait aimé ne pas vivre cette journée. Ne pas être confronté à la réalité. Il ne voulait pas voir sa sœur perdre cette insouciance. Les gens changent, inévitablement…
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Saxha
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Mar 10 Nov - 0:02

Oui oui imagine moi derrière mon écran XD vous les artistes vous êtes comme ça XD vous nous foutez des émotions tel que ... aaaaah bon boulot : )
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Leaves
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Mar 10 Nov - 0:29

Merci, Nikii ce chapitre est rafraichissant pour mes neurones.
mais je pense que la situation de Luna est un peu minimisé, même si je suis un homme je crois que la situation doit être dure elle apprend qu'elle est enceinte c'est un choc pour elle et deuxieme choc elle a perdu son gosse. bref !

Au fait, Nikii j'ai aussi écrit un début de fiction, j'aimerais bien avoir ton avis.

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Titane
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Mar 10 Nov - 1:19

J'ai rattrapé tout mon retard d'un coup, j'ai du lire une dizaine de chapitres. Je suis sous le charme, vraiment.
Tu explique tellement bien le monde de l'automobile, de la course, on s'y croirait.
Puis bon, le tempérament de Luna, n'en parlons pas, j'adore, pareil pour la relation Luna/Linke, c'est vif, passionnel... Pfiou, ça donne chaud ^^
Sincèrement, ça faisait longtemps que je n'avais pas prit autant de plaisir à lire une fiction.

Chapeau bas Wink
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nikii
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Mar 10 Nov - 23:14

J'ai été lire ta fiction Leaves =)
Concernant la grossesse je ne savais pas comment Luna pouvait prendre la chose, c'est peut être léger ce que j'ai fait. Mais on y reviendra dans les chapitres suivants.
Merci beaucoup Titane, c'est vraiment gentil, je suis heureuses que tu aimes tant.

On retrouve Linke dans le chapitre suivant....




Chapitre 14


24 heures qu’elle perdait pied dans cette chambre d’hôpital.Michael était passé la voir, elle s’était murée dans un silence. Elle avait honte de ses actes. Michael n’avait pas sut la réconforter, il avait vu ce regard vide, et ses mains. Ses mains posées sur son ventre, comme un geste protecteur ? Lorsqu’il lui avait dit que Fernando était reparti à Oviedo, elle lui avait demandé de sortir. A contre cœur il l’avait fait. Au travers de
la porte il l’avait entendu pleurer de tout son soul. Jamais Fernando n’allait à Oviedo sans elle. Les Asturies. Leur province, leur racine. Fernando venait de casser une habitude. Oviedo le lieu de refuge. Oviedo l’havre de paix, loin de toute médiatisation, et problème. Michael n’avait pas questionné, mais il avait compris. Luna avait fait une erreur, erreur qui avait humilié Fernando. Un seul élément lui échappait, la dispute virulente de Fernando et de ce blanc bec d’anglais. Qu’avait-il avoir dans cette histoire ?


La tête entre les mains, il fait le point et se sent malheureux. Voir Luna se déchirer avec Fernando est si peu fréquent. La dernière fois remonte à 3 mois. Au grand prix de Valence. Un sous entendu et Fernando avait explosé. A quel sujet, il ne sait plus. Mais il se souvient d’une chose, l’anglais était au cœur de la conversation. Y-a-t-il un lien ? Il se pourrait, seulement c’est invraisemblable. Il sait Luna proche du britannique, il sait aussi que lui et Fernando se haïssent. Où est la logique ?


Dépassé par les évènements, il rentre chez lui. 15 jours pour oublier cette désastreuse semaine. Il n’abandonne pas Luna. Il la connait simplement. Forcer Luna à se confier, fait obtenir le silence inverse. Elle se mure dans son silence, et part ailleurs. Dans son monde.


Oviedo, sa ville, son Asturies natale. Fernando avait fuit. L’avait fuit. Elle se dégoutait elle-même. Comment avait-elle pu en arriver là ? Elle se rappelle de cette soirée, vaguement. De moins en moins. Elle s'ensable dans ses souvenirs. Oviedo. Leur cocon. Le lieu où l’on panse les blessures. Cette petite ville pauvre du nord de l’Espagne, principauté du prince Felipe. Ce lieu chaleureux, où la population vous salut, où les gamins des rues vous admirent. Ce lieu où on grandit, ce lieu qui nous manque au fil du temps.


Oviedo.


Les mots de Michael l’ont touchée, mais elle se sent sale. Comment les gens peuvent-ils bien s’intéresser à elle ? Elle si fragile, si rêveuse. L’absence de son frère lui pèse. Son frère, son tout, sa moitié. Lui qui la tire vers le haut, lui qui partage tout avec elle. Lui qui aujourd’hui la fuit…


La fuite.


Elle voudrait l’appeler, lui dire au combien elle se sent perdu sans lui. Elle ne le ferra pas. Fernando sait tout ça. S’il la fuit c’est pour ne pas lui faire du mal. Pour ne pas lui tenir des propos blessants. Elle s’en fiche. Elle a besoin de ses bras protecteurs, de son odeur de musc, du son
de sa voix.


Blessée d’être éloigné de l’être qu’elle aime plus que tout, elle s’endort, en pleurant. Un sommeil agité, emplit de cauchemar.


-NANDO !


Un cri, un sursaut. Le mauvais rêve est derrière elle. Elle se laisse tomber sur l’oreiller. Nando n’est pas la. Nando est fâché. Tel une petite fille, elle se roule en boule, serre l’oreille contre son ventre, et laisse échapper des sanglots, silencieux.


Domaine de San Francisco, Oviedo, Asturies, Espagne.


Dans ce long parc, aux couleurs de l’automne, Fernando et Raquel marchent, serré l’un contre l’autre. Raquel est étonnée de l’avoir vu rentrer seul, Luna toujours à suivre son frère habituellement. Il lui a donné un motif, elle l’a accepté sans broncher. Ce n’est sans compter Corinna Schumacher, qui s’est inquiété du départ subit de Fernando. Irritée, Raquel stop sa progression, s’assoit sur l’herbe humide et force son époux à en faire autant.

-Fernando que se passe-t-il avec Luna ?

-Je ne veux pas en parler.

Elle baisse la tête, blessée. Jamais il ne lui avait fait des cachoteries. Conscient de son erreur, il lui prend le menton et la regardebdans les yeux :

-Je te fais confiance Raquel, mais il y a des choses que je dois digérer. J’ai failli perdre contrôle à Hockenheim, il y a des comportements qui pèsent…J’ai faillit me battre avec Lewis Hamilton. Laisse-moi prendre du recul Raquel. Les choses vont beaucoup trop vite. Ma sœur est si fragile. Et le retour de Christian a été…

-La plus belle chose qui lui est arrivé. Cesse de vouloir tout contrôler Fernando, vous en perdrez votre complicité. Laisse-la voler de ses propres ailes, même si elle se brule. Elle doit apprendre à grandir de ses erreurs.

-Elle a fait une fausse couche.

-Si elle va mieux maintenant c’est le principal.

-Tu te rends compte de ce que tu dis ? Elle couche sans penser au lendemain…

-Et toi tu te rends compte de ce que tu dis ? Luna est ta petite sœur, elle n’a plus que toi maintenant et les gens du paddock, tu ne peux pas la fuir sous prétexte que tu es blessé par ses actes. Fernando tu es tout pour elle, ne l’abandonne pas. Pas cette fois ci, car j’ai peur.

Une larme coule sur le visage de Raquel. Elle aussi est une femme. Elle sait ce que sait de perdre un enfant, que ce soit voulut ou non. Un petit être innocent. Fernando regarde sa femme pleurer, sans intervenir. Un frisson lui parcourt l’échine. Il avait faillit à son rôle de grand frère. Si Luna se noyait dans un océan de noirceur, il se sentirait coupable à vie.


-Je retourne en Allemagne Raquel. J’aime Luna. Je ne veux pas qu’elle souffre à cause de moi. Je ne suis rien sans ma petite sœur, c’est ma seule famille…
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Mar 10 Nov - 23:25

WAOOOOOOOW ! Nikii je sais pas si je dois t'adorer ou te détester pour ce dernier chapitre. j'en ai eu des frissons à la dernière scène, j'ai compris ce que vivait Fernando. personnellement, j'ai pas eu besoin de plus d'explication sur ça, parce qu'un lien entre un frère et sa soeur ça s'explique pas. on s'engueule, on se deteste, mais on est toujours là pour l'autre parce qu'on l'aime malgré tout ce qu'on peut dire.

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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Mar 10 Nov - 23:27

Oh je suis fière de moi alors =)
Je suis d'accord avec toi pour la relation fraternelle, bon perso, mes frères sont petits, petits, mais je sais que même s'ils me soulent, quand je vais mal, j'ai mes fournisseurs de câlins et je t'aime *-*







Chapitre 15


La nuit avait été tourmentée pour Luna. Des sillons creusés par les larmes étaient visibles sur sa peau. En boule sur son lit, elle fixe l’horizon apparaître. Elle n’a pas vu son amie Lune cette nuit. Peut être se cache-t-elle aussi ?

Luna se sentait seul. Mais elle avait besoin de cette solitude, elle ne voulait pas être confrontée au regard des gens. Pourtant elle sent un regard lui brûler la nuque depuis de longues minutes déjà, elle ne se
retournera pas. Si elle n’était pas aussi faible, elle se précipiterait à la
salle de bain et s’y enfermerait.

Ce charisme dégagé, elle le sent. Mais elle a peur. Peur de ses paroles. Après tout son propre frère a bien été odieux, pourquoi lui ne le serait-il pas ?

Le visiteur bouge, contourne le lit. Elle ferme les yeux. Ne veut pas être confronté. Il s’agenouille sur le côté du lit, pose sa tête à côté de la sienne et soupire :

-Mon amie Lune.

Elle trésaille. Sa voix, posée, inquiète. Elle ne mérite pas son amour. Il effleure son visage, une larme coule.

-Que se passe-t-il Luna ?

- Va t’en.

-Regarde moi Luna, ne me fuis pas.

- Laisse-moi Christian…

-Non Luna, souviens toi, je te tiens je ne te lâche plus.

Elle ne peut s’empêcher de sourire, cette phrase bien à eux.

Il recule, conscient de l’effet de sa phrase, cale son dos contre le mur et attend. Attend qu’elle se livre. Elle le fera. Il le sait. Il la connait tant et si peu.

-Fernando est partit sans moi.

-Où ça ?

-A la maison…A Oviedo.

Elle refoule ses larmes.

-Que se passe-t-il Luna ?

-Rien, il ne se passe rien.

Il soupire. Il n’obtiendra rien de ces questions réponses. Il veut savoir, la voir dans cet état là, l’insupporte. Il se lève, ferme la porte à clefs. Il ouvre les draps du lit, pose ses mains sur ses jambes, elle est gelé. Il s’en serait douté. Sans appel, il se glisse dans le lit, rabat les couvertures et la serre contre lui. Elle se laisse faire, rassurée dans son
étreinte protectrice.


-Je t’aime Luna et je ne t’abandonnerais pas. Fernando t’aime aussi. Il est partit à Oviedo mais il a eut peur. Tu es tout Luna. Pour lui et pour moi. Fernando n’a pas fuit, Fernando a paniqué. Je ne sais pas ce qu’il se passe Luna, mais je hais te voir souffrir. Parle moi ma Luna, ça restera entre nous et notre amie Lune.

-Notre amie Lune est partie.

-Elle aime voyager Luna, comme toi. Tu te souviens de l’Inde ?

-Cette soirée à Goa. On avait dormi au bord de la mer, la marée nous avait surprise, on avait finit la nuit trempé mais insouciant.

- Te souviens-tu de mes paroles Luna ?

-Tu avais chanté. Chanté Nek. « No te busqué pero te vi y comprendí que te quería»

-Je ne t’ai pas cherché mais je t’ai vu et j’ai compris que je t’aimais. Lorsque tu es loin de moi j’ai peur, peur qu’il t’arrive quelque chose. Il faut que je sache ce qu’il se passe Luna, je ne peux pas être en paix si je te sais tourmentée.

-Ce sont des paroles toutes faites…

-Luna s’il te plait. Lo sabes, no sé contar cuanto te quiero por eso tu corazon queda ser mi pais. (Tu le sais, je ne sais pas conter au
combien je t’aime, c’est pourquoi ton cœur continue d’être mon pays )

-Beau parleur.

-La lune sait être une muse exceptionnelle.

Elle sourit, se niche contre lui et se livre.

-Lewis Hamilton.

-De Mac Laren ? L’homme que ton frère a frappé ?

-Il l’a frappé ? OH mon Dieu.

Elle se redresse, paniquée. Pourvue que cette histoire s’arrête là…

-Christian, je vais te demander ne pas m’interrompre. Après et seulement après tu pourras juger.

-Je ne t’ai jamais jugé Luna…

Elle acquise.

-Il y a trois mois, nous sommes venus en Allemagne avec Ferrari. Je t’ai appelé. J’aurais souhaité te revoir. Une femme m’a répondu. Julia. Je n’ai pas décliné mon identité, elle si. J’ai sut. Sut que tu m’avais remplacé. J’ai raccroché. Déroutée. Je t’ai pris pour un salaud. Toutes ces belles paroles en l’air. J’étais blessé. Ce soir là j’ai coupé mon portable et j’ai erré à l’aveuglette dans la ville. Une envie subite de retourner à Oxford. J’ai pris mes affaires et ai sauté dans un avion. Là bas, j’ai tout de suite été apaisé. Oxford. Mon deuxième chez moi. A Heathrow, j’ai croisé Lewis Hamilton. On s’est posé et nous avons but un café. De fil en aiguille il m’a parlé de la soirée qu’il organisait le lendemain. Un besoin d’évasion, de liberté non contrôlé, j’ai accepté l’invitation. Le lendemain la soirée s’éternisait, les fonds de verre avec. Je me suis isolée, perdue. J’ai craqué. Lewis m’a fait monter dans une chambre d’ami. Nous avons discuté, il m’a rassuré. Les gestes étaient tendres et de plus en plus poussé. J’ai couché avec lui. Le lendemain je quittais Oxford, en colère contre moi-même. Je m’étais fait avoir par cette saleté de british. Personne ne l’a sut. Seulement les bruits courent vite au paddock. Des sous entendus ont été fait, Fernando s’est peu à peu douter de quelque chose. Il n’a rien dit. Avant hier j’ai pris le volant de la monoplace, heureuse. Les tours se sont enchaînés, je me sentais mal, une douleur atroce dans le bas ventre. J’ai fini ma course mais à quel prix…

Elle s’arrête. Linke ferme les yeux. La tête sur le menton de Luna, il attend la suite. La vérité s’imprègne peu à peu en lui. Il comprend.

-Christian regarde moi…

Il baisse son regard, intrigué.

-Ce que je vais te dire ne change en rien mes sentiments. T’avouer la vérité est remuer un couteau dans la plaie… Je ne suis pas malade Christian. J’ai fait une fausse couche.

Il ne dit rien. Se sent atrocement coupable. Il la serre encore plus fort dans ses bras.

-Regrettes-tu cet enfant ?

-C’est injuste d’arracher la vie à quelqu’un…

-Si tu avais sut Luna, sut cette grossesse, tu l’aurais mis au monde ?

-Non. Pas cette question.

- Réponds-moi Luna.

-Christian je ne veux pas.

-Ma question Luna…

-Je…Oui.

- Regarde-moi Luna, maintenant.

Elle le regarde avec de l’incompréhension. Son regard est dur est sincère :

-C’est un accident la mort de cet enfant. Tu aurais voulu le sauver, tu as été impuissante. Je ne suis pas en colère Luna. Je suis fier de toi car tu aurais voulu protéger une vie innocente. Alors maintenant dis-moi, veux tu que je te laisse aller avec Hamilton ? Souhaites-tu que je m’efface ?

Les derniers mots lui avaient tant couté. Il ne pouvait être égoïste.

Il voulait son bonheur.

Simplement.
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Mer 11 Nov - 0:20

*_* je reste sans voix
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Mer 11 Nov - 1:58

j'ai mis du temps à lire ce chapitre normal pas capable de lire tranquillement mais c'est beau. ça sert plus à rien d'utiliser des superlatif parce que le chapitre est très simple, alors ce serait la défiguré qu'utiliser des termes qui détone avec ta fic

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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Mer 11 Nov - 21:51

Chapitre 16


Il tourne la tête, ne voulant pas la troubler d’avantage. Son regard se pose sur la porte entre ouverte. Une ombre. Il plisse les yeux et reconnait Hamilton. Quand on parle de loup.

-Luna il y a quelqu’un qui voudrait te voir…

Elle tourne la tête et suit la direction que lui indique Linke. Lewis. Elle prend la main de Linke déboussolée :

-Reste avec moi Christian.

-Non. Luna s’est ta conversation pas la mienne, je serais juste à côté…

Il se lève. Elle le retient. A contre cœur il se détache de son étreinte, salut le britannique d’un signe de tête et sort. Il aurait voulut rester à ses côtés, influencer sonnchoix. Il n’a pas le droit. Elle doit se sentir en paix avec ses décisions.

Intimidé Lewis sourit à Luna et se positionne devant la fenêtre.

-Je n’ai pas vue la Lune hier soir…

-Peut être se cache-t-elle…

Il sourit, se retourne, la regarde et affronte.

-Je dois te dire que j’ai eut une conversation musclé avec Fernando. Je ne me considère pas comme innocent, mais il m’a frappé. Et on était au paddock…

-Ce qui implique les commissaires.

-Tu sais qu’on risque l’exclusion tout les deux du championnat.

-Lewis attrape mon téléphone s’il te plait.

Il s’exécute, penaud. A quoi pensait-elle ?

-Luna Alonso, je voudrais parler à Max Mosley.

-Mademoiselle Alonso, Monsieur Mosley est très occupée et risquerais d’être irrité si je le dérange.

-Je crois qu’il serait encore plus irrité s’il savait quenvous avez passé mon appel sous silence.

La secrétaire déglutis, puis mets Luna en relation avec son patron. Hamilton s’appuie contre le mur et la regarde faire. Elle n’allait quand même pas plaider leurs causes au grand patron de la FIA ?

-Luna que puis-je pour toi ?

-Bonjour Max. Je vous appel au sujet du Grand Prix d’Allemagne…

-Tu ne voudrais pas parler plus tôt de l’après GP et d’un accident qui implique ton frère.

-Effectivement.

-Ils risquent l’exclusion et je suis près à aller dans ce sens, se battre au paddock n’est pas tolérable.

-Max s’il vous plait. Pas cette sanction là. Du moins pas à eux.

-Que veux-tu dire Luna ?

-Je suis responsable, c’est moi qui dois être sanctionné.

-Tu te rends compte de ce que tu avances ? La saison se finit dans 3 mois.

-Max. S’il vous plait…

-Je couvre l’affaire et t’exclu simplement de la course, je te laisse l’accès au paddock. Seulement Luna c’est la première fois et dernière fois que je fais ça !

-Merci.

-Oui tu peux me remercier… A bientôt.

Hamilton fixe Luna, émerveillé, elle venait de se sacrifier Il savait qu’elle n’avait pas fait cela pour lui, mais il ne pouvait s’empêcher d’être un minimum touché.

-Je vais te laisser te reposer Luna.

Elle ne répond pas. La phrase n’était pas terminé. Il y avait une suite. Lewis ne faisait jamais un déplacement pour rien. Elle appréhende la suite.

-Je me sens con. Je ne sais pas quoi te dire. J’ai l’impression que Fernando est partit à cause de ce qu’il s’est passé au paddock et que tu en pais le prix.

-Oh.

Il se sentait coupable. Et déçu. Il avait toujours voulu se rapprocher de la jeune espagnole, lorsque son frère avait fait un passage chez l’écurie anglaise, elle s’était brouillée avec lui et était resté chez Renault. Lewis et elle, avaient discuté, mais que rarement. Jusqu’à cette nuit sous le ciel d’Oxford. Il sourit.

- Accepterais-tu de venir dîner un soir à la maison à Oxford ?

Elle le regarde, surprise de cette invitation. Il espérait une réponse positive. Elle avait peur d’accepter. Mais elle lui devait bien cela. Lewis n’est pas un salaud comme le pense la plupart des gens, c’est un compétiteur arrogant. Seulement.

-Pourquoi pas Lewis…

Il sourit, lui souhaite un bon rétablissement et sort. Christian le regarde passé, un air satisfait sur le visage. Avait-elle choisit ? Avec appréhension il retourne dans la chambre. Luna s’est levé, accoudé à la fenêtre, elle l’entre ouvre et prend l’air. Elle se noyait.







Chapitre 17


Dans l’avion, Fernando se préparait mentalement. Il fallait qu’il coupe les liens. Qu’il la laisse s’envoler. S’envoler. Pour se faire brûler les ailes ? Il venait de voir ce qui arrivait lorsqu’il la laissait. Elle merdait. C’était son sentiment, une erreur. Il se dégoutait lui-même, comment pouvait-il incriminer aussi facilement sa sœur.

Il se souvient des longues ballades à Oviedo lorsqu’elle était petite. Il faisait son grand, la tenait par la main et tout deux faisaient le tour du pâté de maison. L’épicier alors donnait des friandises, les vieilles dames les embrassaient. Puis il avait grandit, à 17 ans il voyageait aux quatre coins du monde. Luna était resté à la maison, et avait tu la maladie de sa mère. Elle ne voulait pas que son frère, son modèle, voit ses rêves s’écrouler à cause du fardeau de sa famille.


Il l’avait appris, avait mis sa carrière entre parenthèse. Sa mère était décédée quelques mois plus tard. Luna avait 13 ans. Leur père avait sombré, s’était laissé dépérir. Fernando et sa sœur ne comptaient que sur eux même. Puis il y a eut Flavio et Michael. Deux grandes gueules d’ambitieux. Les deux espagnols ont été conquis. Luna s’est prit d’affection pour Rolf Schumacher, pendant que Flavio prenait sous son aile le jeune taureau des Asturies. Ils grandissaient, s’épanouissaient puis leur père est décédé. Luna avait 17 ans, lui 21 ans.


Il ne savait comment elle allait réagir, s’effondrer, garder la tête haute. Il l’avait emmené avec elle au GP d’Australie, voir si elle se plairait dans son milieu. Cela avait été une totale réussite. Elle avait apprit au sein de la Renault F1 Team et était devenue quelqu’un. Son bac L en poche, elle le suivait par tout.

Puis il y avait eut Raquel. En grande fan d’El sueño de morfeo, Luna avait rencontré Raquel del Rosario, elles étaient devenues amies et Fernando l’avait rencontré. Le coup de foudre. Il se souvient avoir bafouillé pendant que Luna rigolait de sa gêne.

Raquel et Luna. Les deux femmes de sa vie. Jamais il n’aurait pu se partager. Pourtant dans un mois il allait être papa. Il allait réellement fonder sa famille. Il fallait qu’il trouve le juste équilibre. Il devait tant à sa petite Lune.


Aujourd’hui elle allait mal et lui avait fuit. Il se souvient lui aussi d’Indianapolis, de l’allégresse de sa sœur, de son insouciance. Il n’avait jamais vu Linke sous un bon jour, surtout après qu’il l’ai trompé. Il ne comprenait pas comment on pouvait pardonner si facilement. L’amour ou la vitesse lui avait répondu Luna. Une relation peut aller vite mais tant qu’il y a de l’amour tout va bien. Il l’avait trouvé bien sérieuse tout à coup, mais elle avait raison.

Aujourd’hui il la fuyait alors que son premier amour était à son chevet. Linke. Si mystérieux et si aimant, il ne comprenait pas ce qu’il pouvait faire avec sa Julia. Tout l’opposé de Luna. Mais peut être avait-il voulu guérir ses blessures en oubliant la douce Luna ?

L’avion atterrit. Encore quelques heures et il sera auprès de son trésor. Dès lors il sera rassuré.

Luna s’était forcé à manger pour faire plaisir à Christian. A présent il était sur son lit, elle toujours à la fenêtre.

-Dis Luna parle moi ton Espagne.

Elle se retourne, et le dévisage. Il était rêveur. Elle n’avait pas répondu à sa question concernant son choix. Elle ne voulait pas. Le choix était fait depuis longtemps, elle souhaitait juste qu’il se rendre compte.


L’Espagne. Ce mot lui redonne le sourire, elle attrape ses vêtements
dans le placard et se précipite dans la salle de bain. Espagne. S’il avait sut que ce mot si cher, la boosterait tant il l’aurait dit plus tôt.

Joyeuse elle revient quelques minutes plus tard, et s’assoit au pied du lit. Il la regarde ravit. Sa fraîcheur lui avait manqué.

-Je commence par quoi ?

- Laisse-toi aller au fil de tes souvenirs.

Elle balance la tête en arrière, ferme les yeux et plonge au cœur de ce tourbillon d’images, de couleurs, de senteurs. Le monde nébuleux des souvenirs.

-Je me souviens d’une journée à Valencia. J’avais pris l’avion sur un coup de tête pour aller voir FC Valencia contre le FC Barcelona. C’était en mai dans les dernières journées de Liga. Si Valencia l’emportait le Real était sacré champion.

-Le Real de Madrid ce mythe…

-Ne commence pas avec ça tu vas perdre…. Et donc ce soir là, Valencia l’avait remporté 5-2. Très beau match. J’avais ensuite flâner près du port et j’étais tombé sur affiche ESDM en concert, le lendemain. Un super hasard. J’ai sauté sur l’occasion et j’ai pu enfin rencontrer Raquel. On avait put discuter et nous avions finit la soirée à la plage Levante à manger des tapas. La mer en ligne de mire, le sable fin. La côte Est quoi ! On s’était promis de se revoir à Madrid, au Canaries ou peut importe.

Elle se tait. Ce souvenir n’était pas assez fort. Elle regrette de l’avoir choisit. Linke n’est pas déçu, il sait enfin comment elles se sont rencontrées. C’est étonnant.

-Et Madrid alors !

-Oh non !

-J’avais oublié la fierté de ceux des Asturies, et encore plus d’Oviedo « La très noble, très loyale, méritante, invaincue, héroïque et bonne ville d'Oviedo ».

-Tout à fait. Comment tu te souviens de ça ?

-Quand tu te délires avec ton frère c’est remarquable…

Son frère… Triste elle baisse la tête. Oviedo.

-Je me souviens une fois avec Fernando on avait été à Madrid pour Noël et j’avais trouvé la ville belle mais pas sincère comme si…

-Elle n’était que luxure et artifice et que notre Oviedo était la ville de l’innocence.
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Mer 11 Nov - 22:45

J'aime beaucoup ton dernier chapitre : )
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Jeu 12 Nov - 18:05

j'aime bien Nikii. dans quelques minutes, je postes la suite de ma fic's

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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Jeu 12 Nov - 22:51

Chapitre 18

Elle regarde Linke avec des étoiles dans les yeux. Cette voix bourrue. Il lui sourit et hoche la tête. Elle passe ses mains sur son visage voulant s’accrocher à la réalité. Non ce n’est pas un rêve. Elle sent sa présence, imposante, rassurante.


Elle se lève à la hâte et se jette dans les bras de son frère aîné. Elle revit. Il ne l’avait pas abandonné. Fernando ne parle pas, ne s’excuse pas. Il sait que sa présence est amplement suffisante.

Linke se lève, s’efface doucement. Il la sait entre de bonne de main. Il voudrait tourner la page. C’est trop tard. Le prologue venait de commencer. Il avait compris le choix de Luna. L’heureux élu. Lorsque Luna parle de son Espagne c’est rare, ce sont des souvenirs qu’elle jalouse et garde pour elle-même. Mais elle s’était confiée à lui. Il avait comprit. C’était lui qu’elle avait choisis. Il ne pouvait s’empêcher d’être heureux. Libre il ne l’était pas encore. Une décision restait à prendre. Une décision qui serait lourde de conséquence.

Il préfère attendre de savoir Luna rassurée, en sécurité par Fernando, ensuite il fera ce qu’il aura à faire.

Fernando a annoncé à Luna qu’elle pouvait sortir aujourd’hui. Enchantée elle ne parle que d’Oviedo. Elle ne veut pas parler de cette fausse couche. Elle en parlera. Seulement à Raquel.

-Luna. Je dois te parler.

Une phrase qu’elle déteste. La dernière fois que Fernando l’avait prononcé remontait à il y a deux ans. C’était à propos de Linke. Craintive elle s’assoit et attend.

-Luna tu es tout pour moi, tu es mon rayon de soleil, celle qui me donne envie de réussir, de me dépasser, celle pour qui je m’inquiète, pour qui je pleure. Aujourd’hui je vais te demander quelque chose qui risque de te faire mal. Je me sens égoïste Luna…

- Dis-le.

-Il faudrait que tu cesses de me suivre partout, il faudrait que tu apprennes à voler Luna. A être toi.

-C’est ce qui va arriver de toute façon. Je suis exclue des GP pour la fin de saison. Ne me demande pas pourquoi tu le sais pertinemment.

-Tu as appelé Mosley ? Tu as défendu Hamilton ?

Elle se lève, les larmes aux yeux.

-Quand vas-tu comprendre que je m’en fiche d’Hamilton ! Max voulait t’exclure pour comportement anti sportif, tu n’avais pas le droit de foutre ta saison en l’air pour moi ! Je…Je n’ai pas à être un poids pour toi !

Il la regarde choqué. C’est ce qu’elle pense ? Elle baisse la tête, dégoutée. Dégoutée de s’être trahie. Il lui prend les mains, la force à le regarder :
-Mirame.(Regarde me)

-No puedo (Je ne peux pas)

-Mirame ya ! (Regarde moi maintenant)

Honteuse elle relève la tête et fixe son mentor. De la douceur dans le regard et cet élan de fierté :

-Luna. Amor. Tu n’as jamais été un poids pour moi. Je t’ai toujours demandé de me suivre, tu as pris gout à mes aspirations mais aujourd’hui peux-tu me dire qui tu es ? Moi je vais te le dire. Tu es une jeune perdue, tu ne sais plus qui tu es Luna. Tu as cette notion de vitesse, ton échappatoire, celui qui t’empêche de regarder la vérité en face. Et tu as Oviedo. Cette ville est notre patrimoine Luna, mais elle n’a plus rien à nous offrir. Nous ne devons pas vivre dans nos souvenirs, nous devons les sauvegarder et aller de l’avant. Notre Espagne sera toujours là pour nous, nos racines font qui nous sommes. Tu y es attaché Luna, c’est ta force et ta faiblesse. Je sais que cette ambiance te manque. Je ne te retiendrais pas Luna, je ne veux plus que tu assistes continuellement à cette vie là. La Formule 1 n’est pas un monde pour toi. Tu nous as apporté de merveilleuses choses mais il faut que tu t’en détaches. Te voir évoluer à travers moi, me fait mal. Luna tu es celle que tu es là. « Esta soy yo » comme dis Raquel.

Il se tait. Lance le temps à son discours de faire son impact. Il n’a pas été jusqu’au bout, il voudrait qu’elle comprenne, qu’elle sache où il veut en venir.

- Y ahora no se donde voy ni de dónde vengo , Solo tengo en mis manos este viejo recuerdo. (Et maintenant je ne sais pas où je vais ni d’où je viens. Seulement j’ai dans mes mains ce vieux souvenir)

Fernando sourit, attire sa sœur à lui et poursuit les paroles de cette chanson.

- Pero soy luchadora y no siento miedo No tengo un sitio voy dónde me lleva el viento No se dónde voy ni de dónde vengo (Mais je suis une battante et je n’ai pas peur. Je n’ai pas de place, je vais là ou me dépose le vent, je ne sais pas où je vais ni d’où je viens)

Ils se sourient.

-Si Luna, tu es la Lune d’Oviedo ne l’oublie jamais.

-Tu veux être papa Fernando ? C’est ça ? Tu veux, tu veux avoir ta famille ?

-Oui ma Luna, mais ma famille c’est toi aussi. Jamais je ne t’abandonnerais tu es ma précieuse…

-Je l’ai cru pourtant cette semaine…

-Non, j’ai mal réagit. J’ai eut peur Luna, peur qu’il t’a fait du mal, alors je n’ai pas sut réagir. Personne n’a le droit de t’atteindre Luna et encore moins Christian…


-Madrid la féérique.

-Je croyais qu’elle n’était que luxe et artifice ?

-Oui mais le luxe permet l’ambition. Et l’ambition suprême est de dire je t’aime.

-Tu lui diras je le sais.

-De qui parles-tu Fernando ?

-Toi de qui parles-tu ?

-Je ne révèle mes secrets qu’à mon ami Lune. Je veux un appartement dans la Malasaña.

-Quel est le rapport avec ton ami Lune ?

-Tu aurais mis les pieds plus suivant à Madrid tu serais que c’est l’un des quartiers qui est accolé à la Puerta del Sol.

-Et ?

-Qui mieux que le soleil connait mon amie Lune.

Il sourit amusé. Elle ne l’avait pas mal pris. Comme si elle lisait sa satisfaction, Luna passe les bras autour du coup de son frère et lui dit :

-Tu croyais quoi ? Que j’allais te supplier de ne pas m’abandonner ? Tu es là auprès de moi Fernando et tu le sauras toujours lorsque j’aurais besoin. Que demander de plus ?

-Moi j’ai encore une requête.

Elle le regarde intriguée, il baisse le son de sa voix et murmure :

-Il a ce jeune homme qui tremble tant pour toi. Il y a ce jeune homme qui t’offrirais l’univers s’il le pouvait. Ce jeune est revenu Luna. Ce jeune m’a touché par sincérité. Il t’aime. Plus que je ne t’aime moi-même.
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Jeu 12 Nov - 22:57

TT j'adore j'adore j'adore. J'adore te lire tout simplement merci beaucoup
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Jeu 12 Nov - 23:15

rien a dire de différent de saxha

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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Dim 15 Nov - 18:39

Chapitre 19


Il s’est décollé de Luna, prenant bien soin de lui retirer le paquet de clope qui dépassait de la poche de son jean puis est sortit. Une accolade à Linke, il allait attendre Luna sur le parking.

Elle range ses affaires, parcourt cette chambre d’hôpital du regard et se laisse tomber en croix sur son lit.

La conversation avec son frère ne l’avait pas surprise, elle s’y attendait. A vrai dire elle s’y attendait depuis qu’il s’était marié avec Raquel. Elle aurait été mesquine de penser que Raquel avait poussé Fernando à prendre cette décision. Elle savait que c’était faux.

Fernando n’était et ne serait jamais influençable. C’était ce genre d’homme qui préférait mettre du temps à se décider mais regarder la situation de tous les angles possibles. S’il avait dit cela c’est qu’il avait un réel besoin. Ce besoin de fonder une famille, d’être père. Elle était heureuse pour lui.

La fraternité est le meilleur sentiment qui existe, avec l’amitié bien sur, avec Fernando les deux étaient étroitement liés. Son frère était aussi son ami.

Aujourd’hui elle savait qu’une page se tournait. Le livre s’achevait. Un pavé ce livre. Elle sourit. Elle ne perdait pas un frère, elle gagnait un confident. Fernando au loin voulait dire deux vies qui évolueraient en parallèle. Et elle savait qu’elle aurait toujours besoin de l’écoute de son hermano.

« Il t’aime plus que je ne t’aime moi-même »

Elle se repassait cette phrase en boucle. Cette phrase qui plierait à jamais leur amour. C’était comme si Fernando lui indiquait la voix à suivre. Comme s’il savait qu’il était temps. Temps pour Luna et Christian d’écrire ce nouveau livre.

Elle attrape son sac et sort de cette chambre. Linke était appuyé sur le mur en face de la porte. Les mains dans les poches la tête baissée. Il avait sentit que par cette accolade Fernando voulait lui faire passer un message. Mais lequel ?

-Je rentre en Espagne. Définitivement.

-Bien.

Il lui prend la main, prend son sac dans l’autre et n’ajoute pas un mot. Il encaisse. Regrette. S’il ne fait rien le prologue s’achèvera, ici. L’histoire n’aura pas lieu. Leurs pas se font échos sur le carrelage de l’hôpital, sa main serre la sienne. Glacée. Luna est toujours glacée. Il se souvient des soirées d’hiver au chaud devant la télé, la tablette de chocolat qu’ils se passaient, il finissait toujours sans la couverture sur les jambes.

Il sourit. Lui ne craint pas ses souvenirs, se sont sa force.

-Qu’y-a-t-il ?

-Hum…J’ai attrapé un souvenir. Regarde devant toi, ils volent tous autour de nous, tu ne crois pas qu’ils veulent nous dire quelque chose ?

-Christian je…

-Chut. Notre silence les intrigue, ils savent que lorsque les mots sont lointains, le champ est libre pour eux. Notre cœur est leur fourmilière. Sais-tu pourquoi ? Je vais te le dire. Notre cœur qu’il soit heureux ou triste a besoin d’eux. Notre cœur pour aimer doit savoir à quoi se rattacher. Moi je me rattache à nos souvenirs. Nos souvenirs.

Il s’arrête, lui lâche la main. Le sac tombe au sol. Les passants les contournent. Il pose ses mains en coupe sur son visage. Juste un regard pas de mot. Il a peur, peur de la perdre. Pourquoi ne pouvait-il pas lui dire « je t’aime » car ce mot s’emploie à toutes les sauces maintenant.Luna n’est pas tout le monde. Luna est unique.

Il ne trouve pas la force de se dévoiler, de se mettre à nu. Elle le connait tant. Elle le connait trop. Sans rien ajouter, il lui reprend la main, puis finalement passe son bras autour de ses épaules, elle se colle contre lui, soupire. Un paragraphe venait d’être loupé.

Sur le parking, Fernando fait tournoyer le paquet de cigarette entre les mains. L’envie folle de le foutre à la poubelle. Il ne comprendra jamais comment on peut aimer ce genre de truc, ce gout si…Il relève la tête, Luna vient vers lui avec Linke. Se sentant de trop il monte dans la voiture et attend.

Au milieu du parking Linke s’arrête. Attire Luna à lui dans une étreinte. Une étreinte. Si peu et tant à la fois. Il aimerait lui susurrer des mots d’amour à l’oreille, lui promettre l’horizon. Il ne serait qu’un beau parleur. Elle passe ses bras autour de son coup, une main descend le long de son pull, se glisse sous le tissus. Taquine. Il frémit. Calle son menton sur sa tête et attends.

-Fernando dit que nous devons apprendre à évoluer l’un sans l’autre. Il dit aussi qu’Oviedo n’a rien à m’apporter de plus.

Cette phrase lui avait coûté. Il la sent se crisper.

-Luna, Oviedo est ton identité. Mais Oviedo peut te tirer vers le bas. C’est la ville de ta jeunesse et la ville de tes années noires, la ville du deuil. Coupe ses ailes noires et évolue ailleurs. Où que tu sois Luna, ton amie Lune te verras et moi je veillerais sur toi à travers elle.

Elle relève la lèvre, veut chercher ses lèvres avec douceurs. Il se recule, rieur.

-Non Luna.

Elle le regarde peinée. Il lui prend le menton entre les mains, caresse sa joue.

-Si je t’embrasse je te dévore.

-J’avais raison. Tu n’as pas résisté.

-Je suis un homme après tout. Ton homme.

Ils se sourient. Ils se sont retrouvés. Ce n’est qu’un début. Mais un début sincère. Ce genre de début qui vous fait perdre la tête. Elle le lâche, rejoint son frère. Lui reste statique sur ce parking.

Il aime sa Luna.
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Dim 15 Nov - 20:05

" - Je suis un homme après tout. Ton homme. " Cette phrase je l'ai trouvé tellement belle, bon elle a rien de particulier mais elle est belle ... C'est une belle façon de dire à quelqu'un qu'on l'aime sans le dire vraiment (je m'emballe XD) merci <3
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Dim 15 Nov - 23:06

J'ai honte, depuis les premiers chapitres, je n'avais pas pris le temps de continuer, meme si je comptais bien le faire. Voilà que ce soir, 'jai tout lu d'une traite. Et oh mon Dieu. C'est prenant, vraiment. Je n'ai pas souvent été si prise, si attirée par une fiction. Et là, je n'ai qu'une hate, c'est de lire la suite. C'est bien écrit, les images sont belles, on s'y croit, tu as une culture du monde de la F1 qui donne une spécialité à ton histoire. Une touche différente. Les sentiments touchent. Tout fonctionne à merveille.

Voilà :-)
Merci de partager ca.
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Mar 17 Nov - 22:38

waow ! passage lourd en sentiment, mais c'est beau.

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nikii
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Jeu 19 Nov - 21:32

Chapitre 20


En voiture, Luna regarde le ciel à travers la vitre. Elle fait de la buée, trace un cœur et l’efface. Gênée. En tête à tête avec son amie Lune. Luna rêve calmement. Madrid la féérique l’attendait, seulement qu’allait-elle faire dans cette grande ville ?

Fernando roule doucement. C’est rare chez lui. Sa conduite est douce. Comme si elle reflétait le ressentie de son âme.

L’âme.

Raison. Cœur. Sentiment. Corps. Ame.

Tout est lié. Une faiblesse peut créer un déséquilibre monstre. Luna le savait. Elle savait aussi comment panser les blessures. Aujourd’hui elle espérait ne plus avoir à le faire.

Inquiète, elle pose sa main sur la jambe de Fernando. Il la regarde bienveillant puis la sonde, en éternelle grand frère.

-Que vas-tu devenir Luna ?

-Footballeuse !

-Luna !

- Quoi tu ne savais pas que j’avais le numéro d’Iker Casillas ?

-C’est grâce à moi.

-Oui mais pas celui de Silva et Villa.

-D’accord.

-Je suis sérieuse !

-Et moi responsable Luna. Laisse ta rêverie au placard un peu…

-Tu viens de me dire que je suis naïve ?

-Non je…

-Fernando !

-Luna ne le prends pas mal, mais les gens vont te bouffer ! Madrid n’est pas notre province. Tu es si fragile Luna.

-Je ne suis pas fragile.

-Affronte alors.

-Il n’y rien à affronter.

-Menteuse ! Des années que tu fuis Luna. Des années que tu fais les mêmes cauchemars. Je t’ai souvent entendu. Je suis sur que Linke aussi…

-Ce sont des banals cauchemars

-A d’autre…

-Un jour Fernando un jour.

-Tu es lâche.

-Non. Je veux être heureuse, oublier et rêver.

Il ne lui répondra pas. Inquiet plus qu’il ne l’était.

Arrivé à Madrid Barajas, ils se sont pris un hôtel et se sont rendus dans la Malasaña, directement.

-Celui là ?

-Mais t’as vu le prix du loyer ?

-Oh tu peux bien te le permettre, je te signale que tu as 4 résidences ! Une cinquième pour moi c’est rien du tout…

-L’indépendance Luna.

-L’assistance Fernando.

-Tu me rembourseras par échéance ?

-T’es devenue banquier ?

-Je prépare ma retraite…

-Reconvertie toit comme Michael ça sera plus efficace !

-Luna !

Elle se pait sa tête, rieuse.

-Te quiero !

Il lui sourit, la serre dans ses bras. L’agent immobilier les regarde attendrit. Il n’en croyait pas ses yeux. Fernando Alonso était devant ses yeux. Intimidé il hésite à casser le prix. Voyant son hésitation Luna lui répond de garder le prix initial. A quoi bon faire un prix à des gens qui ne sont pas dans le besoin ?

Ils sont restés tout les deux, dans cet appartement qui sonnait le nouveau départ. Une pizza commandée au cœur de cet appartement vide, il écoute sa sœur parlé. Se projeter dans l’avenir.

-Et la je ferais quelque chose de très coloré, comme en Inde ! Et un espace ouvert sur le balcon, un espace chaleureux pour voir la Lune et…

-Et Christian, Luna ?

Elle s’arrête, la bouche ouverte en O. Surprise. Jamais elle ne parlait de Linke à son frère. Pourtant il savait tout sur eux. Merci Michael !

-Que comptes-tu faire avec lui ?

Elle pose sa part de pizza. Encercle ses mains autour des ses genoux et dit doucement :

-Etre à ses côtés. L’aimer.
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Saxha
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Jeu 19 Nov - 22:01

Moooooooooow *____* cest trop mignon : ) j'adore qu'elle se paie la tete de son frère (a)
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MessageSujet: Re: [Fiction ] Christian d'Indianapolis   Ven 20 Nov - 2:26

*_________*


(constructif, je sais.)
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