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 [OS] Journal Funèbre.

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Panik FAN
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Féminin Messages : 110
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Localisation : L'asile.
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MessageSujet: [OS] Journal Funèbre.   Dim 3 Fév - 18:11

Bon c'est un très très vieux écrit qui n'a strictement RIEN à voir avec Panik. J'avais juste envie de le poster.
Comme son nom l'indique c'est pas joyeux. ^^
************************

Les pâles rayons du soleil la réveillaient. Elle se leva lentement. Sans faire son lit, elle descendit préparer le petit-déjeuner pour deux après avoir rapidement enfilé les mêmes vêtements que la veille.

Une fois son repas fini, elle alla lever sa mère, se préparant mentalement à ses inévitables questions: "Où suis-je?", "Que fais-je ici?", "Qui êtes vous?". Tant de questions auxquelles elle devait répondre quotidiennement. Des questions à chaque fois plus cruelles à entendre.

Elle se rappelait encore son neuvième anniversaire. Ce jour qu'elle maudissait. Depuis elle ne supportait plus aucune fête. Sept mois avant ce second fléau, son père était mort dans un accident de voiture. La maladie de sa mère contribua à faire disparaître la petite fille joyeuse qu'elle avait été.

Quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu'au lieu que ses magnifiques yeux gris qui auraient dû être remplis d'incompréhension, elle les découvrit pétillants de reconnaissance.

"Merci ma chérie. Ca sent bon."

En entendant ces simples mots, elle sut que sa journée serait bonne.

Cela n'empêchait pas la maladie de progresser. Demain ou peut-être le surlendemain, les questions qui font si mal fuseraient encore, inlassablement.

Pour la première fois depuis des mois, elle passa sa journée avec un délicieux sourire collé aux lèvres.

Quand elle rentra chez elle, elle appela sa mère. Personne ne répondit. La maladie avait-elle avancé plus vite que prévue? D'habitude elle pouvait tenir une journée avant d'avoir une autre crise.

Elle alla dans la chambre de sa mère, inquiète. Vide. Elle était vide. De même pour la cuisine, sa chambre. Dans cette dernière pièce, elle ne remarqua pas qu'un objet avait bougé. Un objet auquel elle confiait ses pensées, souvent noires.

Dans la salle de bain, c'était une vision d'horreur, digne d'un film.

Le miroir en était taché. Le sol. Les murs. Ses traits étaient froids, figés par la mort. Ses poignets plongés dans l'eau rougeâtre, encore tiède, semblaient n'avoir jamais connu la vie. Ses longs cheveux emmêlés collaient aux parois de la baignoire. La boîte à pharmacie était ouverte. Les médicaments étaient éparpillés à terre. Au milieu de tout ce bazar, la lame qui lui avait permis de s'ôter la vie brillait, au centre de la pièce, bien en évidence comme pour souligner ce désastre.

Son cadavre vieilli, nu, plongé dans le liquide vital dilué, était un cauchemar. Il brûlait les iris de quiconque posait son regard sur lui. Ca lui faisait mal de la voir morte dans cette situation mais elle ne pouvait pas détourner ses yeux d'elle, du seul être chéri qu'il lui restait encore le matin même. Non. Ce ne pouvait être qu'un mauvais rêve.

Hier, elle ne se souvenait pas de son nom. Pourquoi aurait-elle mit fin à ses jours? Elle n'avait pas de raison d'être malheureuse. Ce matin, elle ne savait plus qu'elle était atteinte de ce fléau qui pourrissait la vie de sa fille, qui noircissait les pages de son journal, jugeant plus durement à chaque fois son état. Elle pensait qu'elle était une mère au foyer normale, ayant perdue son mari. Comment en était-elle arrivée là?

Ces questions n'effleurèrent pas l'esprit de la jeune fille. Contemplant cette scène qui se dévoilait un peu plus chaque instant. Ne comprenant encore rien. Son subconscient mémorisait ces images peut-être pour les enfermer dans un coin de son esprit qu'elle ne pourrait plus atteindre.

Peu à peu, elle comprit que c'était fini. Qu'elle ne serait plus là pour elle. Qu'elle était partie à jamais. Son coeur se déchirait pour la seconde fois. Le destin s'acharnait sur elle. Des larmes acides coulaient sur son visage. Sa mère, l'unique être qu'il lui restait encore quelques heures plus tôt s'en était allée. Pourquoi? Pourquoi elle? Elle tomba à terre, fixant toujours cet être aimé.

Elle resta longtemps dans cette position. Sans bouger, ne se levant pas même pour manger. Qui penserait à s'alimenter dans cette situation? Pour être exact, deux jours, le temps que son patron alerte la police. Le téléphone avait souvent sonné, dans le vide. Elle était partie, elle aussi. Partie dans la démence.

Elle fut admise dans un hôpital spécialisé. Son état s'améliorait de jour en jour après avoir stagné pendant deux mois. Sa détresse, elle, ne s'atténuait pas. Elle passait de nombreuses heures à se remémorer le passé, à regarder le vide en dessous de la fenêtre aux barreaux. Elle était dans une prison. Une prison pour les cinglés. C'est comme ça qu'elle l'appelait. Elle n'était pas libre. Elle voulait chaque jour un peu plus monter sur le toit du bâtiment et sauter, tel un ange. Mais cela lui était interdit. Elle pleurait souvent encore.

La mort était-elle la solution? Pour elle la question ne se posait pas. Elle n'avait plus de raison pour rester dans ce monde. Chaque fois qu'elle fermait les paupières, elle revoyait son cadavre dans cette baignoire. Chacun de ses rêves lui faisait revivre ce jour.

Elle finit par sortir de ce lieu maudit. Ses tendances suicidaires s'étant atténuées enfin c'est ce les médecins pensaient. Pour la première fois depuis un an, elle remit les pieds dans cette maison. Dans sa chambre elle chercha ce carnet, ce journal, son confident. Il n'était pas à sa place. Elle ne le trouva pas là où il devrait être, là où elle l'avait laissé. La table de nuit n'était pas sensé l'abriter. Mais elle n'y fit que moyennement attention. Elle avait besoin de noircir le plus de pages possibles avec la douleur de l'année passée. Elle tourna machinalement les pages remarquant des traces de larmes parsemées dans le cahier.

L'évidence suivante lui vint à l'esprit. Sa mère. Elle l'avait lu le dernier jour de sa vie. Ce cahier qui contenait toute la souffrance qu'elle avait éprouvé chaque jour depuis la mort de son père. Elle avait découvert l'influence qu'avait sa maladie sur la vie de sa fille. Elle s'était donnée la mort pour qu'elle ne la ressente plus. Mais elle ne s'était pas rendue compte que sa fin l'affecterait encore plus.

Elle lu les derniers mots qu'elle avait écrits la veille de son décès.

"Je ne sais encore combien de jours je pourrai tenir ainsi. Ma fin est proche. Je suis usée, vidée. Sa maladie aspire chaque jour un peu plus du peu d'énergie vitale qui me reste. Me tuer serait une solution. Dans quelques mois, elle ne saura plus, tous ses jours durant qui je suis. Ma mort ne l'affectera donc pas."

Trois traces de larmes tachaient cette page. Sa mère l'avait lu et s'était tuée.

C'était sa faute. Elle avait tué sa mère. Elle était la seule fautive.

Elle courra à travers la nuit. Le grand pont n'était qu'à quelques kilomètres. Elle ne les sentait pas dans ses jambes, ces kilomètres, elle les avalait sans s'en rendre compte. Les réverbères éclairaient faiblement son chemin. A grandes foulées, elle y parvint en moins d'une demi-heure. Des couples s'y baladaient main dans la main. Elle était attirée par le vide. Elle se rapprocha de la balustrade. Certaines personnes la mirent en garde. Elle n'y prit pas attention.

Elle attendit que la nuit avance dans le temps. Chaque minute lui parut une éternité.

Vers minuit le pont était enfin vide. Elle monta sur la balustrade, la tête haute.

"Maman, je t'aime. Pardon. Adieu."

Elle ferma les yeux. Sentant le vent lui fouetter le visage. Elle avança un pied dans le vide, le sourire aux lèvres. Elle allait partir. Elle n'avait plus rien à faire ici. Elle l'avait tuée. Ses pensées l'avaient tuée. Elle était responsable de sa mort. Une odeur de lilas lui parvint. Ses fleurs préférées. Le moment était idéal.

Elle s'abandonna au noir du fleuve.

Fin.

************
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Love-Rainbow
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MessageSujet: Re: [OS] Journal Funèbre.   Dim 3 Fév - 18:21

En effet c'est pas Joyeux Rolling Eyes
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ludamiel
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MessageSujet: Re: [OS] Journal Funèbre.   Dim 3 Fév - 19:51

Non, c'est pas joyeux c'est le cas de le dire

En tout cas, ça reste une belle histoire, très émouvante pour ma part (j'me retient de pleure là !)

C'est pas jUUUUUste !!! Sad Sad
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LaurN
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MessageSujet: Re: [OS] Journal Funèbre.   Dim 3 Fév - 20:51

Oui c'est une très belle histoire , mais moi j'ai pas réussis à retenir mes larmes sa me rappel tros de souvenirs
J'adore ta façon d'écrire
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lana76
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MessageSujet: Re: [OS] Journal Funèbre.   Dim 3 Fév - 21:18

Oui en effet une belle histoire qui est assez crue en tout cas j'aime donc si tu en a d'autre comme ça à nous faire partager surtout n'hesite pas ! Very Happy
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MessageSujet: Re: [OS] Journal Funèbre.   

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